Gloria

Gloria d’après Sunset Boulevard
Jacques Hansen

du 10 au 21 mars 2009
( mercredi et jeudi à 19h15, mardi, vendredi et samedis à 20h30 )

Gloria, ex-grande actrice du muet, vit recluse dans sa luxueuse villa de Beverly Hills où le temps s’est arrêté, en compagnie de Max, son majordome. Franck, scénariste aux abois, est appelé dans l’univers de cette star oubliée pour travailler au scénario du film qui marquera son retour à l’écran, Salomé. À la fois fasciné et effrayé par les extravagances et le délire de Gloria, Franck accepte cette proposition salutaire… loin d’en imaginer les conséquences.

Souvent vraiment drôle, au fond totalement dramatique, ce mélo recourt à de nombreux rebondissements et entretient un réel suspense… Fort divertissante, la pièce touche cependant au cœur du questionnement intime et fondamental de l’acteur : comment vivre conditionné par le regard des autres et comment vivre les aléas de ce regard, inhérent à la vie de l’artiste, alors que comme tout être humain il se transforme et vieillit inévitablement…

gloriaPourquoi Gloria ?
Pour Gloria elle-même dont le prénom s’associe tout de suite à un nom : Swanson.
Gloria Swanson, un monstre sacré du cinéma muet.
Dans Gloria il y a gloire, qui dit gloire dit luxe, argent, paillettes, public en délire, amours, passions mais aussi, angoisse, fragilité, apparences trompeuses, bruits de couloir, public qui se lasse, décadence, déceptions… au final l’endroit et l’envers du décor, l’humain dans le factice.C’est le métier de l’acteur qui m’intéresse avant tout dans cette évocation de Sunset boulevard et même si cela peut paraître périlleux de transposer ce chef-d’œuvre du cinéma des années 50, je suis convaincu qu’il peut être un captivant.

Ce qui me passionne c’est l’évocation des coulisses, le pourquoi de la réussite ou de l’échec d’un film, d’une pièce ; c’est le bouleversement d’une carrière liée aux aléas de la vie privée, du temps qui passe, de la vie tout simplement. Car chaque personnage de Gloria est entraîné dans cet inévitable tourbillon.
Il y a cette merveilleuse actrice, sublime et fragile, drôle et émouvante, mais également Max, éternel adorateur capable de lui sacrifier sa vie, Franck qui lui fait retrouver l’espoir et l’amour, Betty qui ranime en elle l’angoisse et la jalousie, la peur de perdre celui qu’elle aime.
Pas de rôles secondaires dans Gloria, chacun doit jouer juste et vrai pour en faire un magnifique mélodrame, ce genre dont Musset disait :

« Et que tous les pédants frappent leur tête creuse
Et vive le mélodrame où Margot a pleuré ! ».

Un genre défini au XVIIIe siècle comme « charme populaire où s’accumulent situations pathétiques et péripéties imprévues, de la musique et des chansons ». Il devenait donc évident pour moi de retrouver dans ce projet Robert Gaillot, complice de toujours en écriture et en musique.
Jacques Hansen

Sunset Boulevard (Boulevard du crépuscule) est le film « culte » américain de Billy Wilder sorti en 1950, dont s’inspire la pièce